UNION EUROPÉENNE
RGPD — transferts vers les pays tiers
Texte officiel du règlement, notamment son chapitre V.
EUR-LEX →Une donnée n'est pas « européenne » uniquement parce que le serveur l'est. Cette note pose le cadre des transferts, du CLOUD Act, et ce que change une installation locale sur les flux, pas sur vos obligations.
Références relevées le 7 septembre 2026. Textes consolidés en vigueur à cette date.
Ce qu'il faut regarder, c'est le traitement réel : qui exploite le service, où les données sont traitées, quels sous-traitants interviennent, et quels mécanismes encadrent les transferts vers des pays tiers.
Le RGPD encadre ces transferts au chapitre V (art. 44 à 50) : décisions d'adéquation ou garanties appropriées selon les situations. L'article 48 précise qu'une décision d'une juridiction ou d'une autorité d'un pays tiers exigeant la communication de données ne peut être reconnue ou rendue exécutoire dans l'Union que si elle repose sur un accord international, comme un traité d'entraide judiciaire. [source]
La question utile n'est pas seulement « où est le serveur ? », mais « quel fournisseur traite les données, sous quelles lois, avec quels mécanismes d'accès ? ».
Le CLOUD Act (loi américaine du 23 mars 2018) porte notamment sur l'accès à des données électroniques détenues ou contrôlées par certains fournisseurs soumis au droit américain. Sa disposition centrale, codifiée au 18 U.S.C. § 2713, exige ces fournisseurs de communiquer des données en leur possession, garde ou contrôle, « que ces données soient situées aux États-Unis ou à l'étranger ». Le Department of Justice présente son objectif comme facilitant l'accès à des preuves électroniques détenues par des fournisseurs américains dans le cadre d'enquêtes. [source]
C'est là que l'article 48 du RGPD entre en tension avec le CLOUD Act : une injonction américaine adressée directement à un opérateur établi dans l'Union ne peut pas, à elle seule, fonder une divulgation.
Elle change l'architecture des flux. Elle ne supprime pas les obligations de sécurité ni de protection des données.
Avec un modèle installé dans votre environnement, les documents utilisés pour l'inférence peuvent rester dans le périmètre que vous contrôlez. Le raisonnement reste au cas par cas : données, finalité, personnes concernées, sous-traitants, flux, sécurité, performances et coût.
Voir aussi l'offre IA locale.
L'IA locale n'est pas une doctrine. Certaines données restent locales ; d'autres peuvent emprunter un service externe autorisé. L'objectif est de décider où chaque donnée peut aller, puis de construire l'architecture autour de cette contrainte.
Ça dépend du prestataire, pas du pays d'hébergement. Si le prestataire relève du droit américain, le CLOUD Act (2018) permet à la justice américaine de demander l'accès à des données détenues ou contrôlées par une entreprise américaine ou une filiale américaine, y compris lorsque ces données sont stockées en France. Un serveur en Europe ne suffit pas, à lui seul.
Une protection partielle, et contestée : Safe Harbor puis Privacy Shield ont été annulés par la Cour de justice de l'Union européenne en 2015 et 2020, et le Data Privacy Framework de 2023 fait à son tour l'objet d'un recours pendant devant la CJUE.
Sur ce flux précis, oui, tant qu'il n'y a pas de transfert vers un tiers. Sans transfert international, ni le CLOUD Act ni les décisions d'adéquation UE-USA ne s'appliquent aux données qui restent en local.
Ce n'est pas automatique, mais le risque existe dès que des données couvertes par le secret transitent vers un service soumis à une juridiction étrangère, notamment américaine via le CLOUD Act. Une IA locale, sans transfert vers un tiers, retire ce point de friction. La validation reste celle de votre déontologie et de votre conseil.
Un hébergement en Europe peut respecter le RGPD et rester exposé au CLOUD Act si le fournisseur est américain. Une IA locale sur votre infrastructure évite un transfert vers un tiers, européen ou américain, pour les données qui restent dans ce périmètre.
UNION EUROPÉENNE
Texte officiel du règlement, notamment son chapitre V.
EUR-LEX →EDPB
Informations et lignes directrices du Comité européen de la protection des données.
EDPB →UNITED STATES / DOJ
Ressources officielles du Department of Justice sur le CLOUD Act.
DOJ →EDPB / ARTICLE 48
Guidance sur les transferts de données vers des autorités de pays tiers.
EDPB →Je peux cartographier les flux et dire si une architecture locale est pertinente. La validation juridique reste du ressort de votre conseil.